INSTRUMENTARIUM – LA MÉLODIE DES CHOCS

Jeudi 19 avril, les musiciens d’Instrumentarium s’enfermaient dans une immense cage, au Cabaret Aléatoire, pour présenter une unique double performance ; sportive et artistique.

La salle se remplit peu à peu sous les doux projecteurs du cabaret, on y boit l’apéritif en admirant la mise en scène. Une grande cage, bizarre pour des humains se dit-on, avant de comprendre la praticité et le travail dissimulé derrière ce décor théâtral. Quatre cellules dans cette cage, quatre types de sons : kick, snare, hit-hat et synthétiseurs. Les grilles sont tapissées d’objets : des panneaux de signalisation, des tonneaux en plastique ou de vieilles ferrailles. Le machine Instrumentarium prend complètement forme une fois l’arrivée des musiciens. Les première notes du Moog retentissent, et les percussionnistes commencent leurs expérimentations.

La cage devient laboratoire lorsque les mains expertes des neurochirurgiens rythmiques s’emparent de leurs baguettes. Le plateau, grâce à une scénographie unique et surprenante, plonge la foule dans un microcosme brumeux et lumineux. Les projecteurs coïncident avec les chocs, la mise en scène lumineuse amplifie les énergies rythmiques en éclairant les différentes fractions de cage et en s’adaptant aux mélodies synthétiques. Les basses retentissent dans la pièce, et les rythmes fougueusement enchaînés clignent de l’œil à bon nombre de courants musicaux : IDM, Electro, Dubstep, Techno, Jungle et parfois africains. La ligne de synthé porte la signature du groupe ; très électronique, dû aux arpeggiators et à la texture du clavier. Mieux qu’un concert, nous sommes plongés dans un univers. D’ailleurs, les lumières sont agencées de manière que l’on puisse, en plus d’écouter, observer la construction du live.

L’instrumentarium, un monument architectural, mêlant visuel, sensations et rythmies. Plus qu’un puzzle de sons, à échelle humaine, la machine saisit yeux et oreilles, aux rythmes puissants et disparates. Le cabaret transformé pour une soirée captivante et cadencée. Une mutation de la salle déjà présagée par Rémi, producteur du projet et membre de Transfuges, à l’occasion de l’émission Cultive ton Mars…